Affiche - Maudits soient les prétentieux

Maudits soient les prétentieux

PITCH

Après être sorti d’un coma de huit ans, Guy revient métamorphosé : l’arrogant séducteur qu’il était autrefois est devenu humble. Mais son passé le rattrape sous la forme d’une apparition : Elguys, une sorte d’ersatz d’Elvis Presley, qui tente de raviver ses années de débauche.

En reprenant son job d’avant, Guy tombe amoureux de Marie-Odile, une caissière rongée par des insécurités affectives et qui ne cesse de tester son amour par des preuves toujours plus extrêmes. Face aux démons intérieurs de celle qu’il aime et l’ombre d’un Elvis implacable, Guy devra choisir qui il veut vraiment être.

Image synopsis Maudits soient les prétentieux

SYNOPSIS

Guy Pinglard (52) sort d’un coma de huit ans sans aucun souvenir de sa vie précédente. Sa réadaptation au monde moderne est tumultueuse : il doit composer avec une famille dysfonctionnelle et une vieille Renault Fuego démodée, vestige de sa gloire passée. Pour ne rien arranger, il est harcelé par “Elguys”, une apparition fantomatique et idéalisée de lui-même, mélange d’Elvis Presley et de son ancien ego surdimensionné, qui le pousse à reconstruire sa mémoire et sa vie.

Sur les recommandations de son médecin, qui lui conseille de reprendre le fil de son ancienne vie, Guy retourne dans les locaux où il était VRP porte à porte spécialisé dans les sacs d’aspirateur. Il y découvre que la société a été rachetée par un certain Jacky Gonzales, un escroc notoire reconverti dans la vente d’espaces publicitaires. Le poste proposé ne l’intéresse pas. Cependant, il moisi dans l’entrepôt un vieux stock de sacs d’aspirateur. Après négociation, Gonzales accepte de lui confier ce stock, avec une commission sur les ventes à la clé.

Alors qu’il quitte l’entrepôt de Gonzales, Guy est interpellé par Lucien, un ancien collègue VRP reconverti dans la vente. Profondément déprimé, écrasé par Gonzales et manipulé par ses exfemmes voraces, Lucien lui montre l’ancien carnet de clients — véritable “bible” de leur ancien patron. Pour Guy, c’est un signe : l’aventure reprend ! Le plus gros client inscrit dans ce carnet est la Grimbertmarket, une petite supérette minable. Pour Guy, c’est là que tout doit recommencer.

À la Grimbertmarket, il fait la connaissance de Marie-Odile Plon, la caissière en poste depuis près de 20 ans. Un lien inattendu se crée entre eux, nourri d’échanges maladroits et d’une quête commune de rédemption. Guy tombe immédiatement et fougueusement amoureux d’elle, au grand désarroi d’Elguys, qui voit cette passion comme une nouvelle menace pour son “ancien Guy ».

Maudits soient les prétentieux 01

 

En parallèle, un événement vient profondément déstabiliser Marie-Odile à la Grimbertmarket : l’arrivée d’une superbe jeune femme nommée Annabelle. Dès le premier regard, Marie-Odile pressent qu’Annabelle est là pour lui prendre sa place, une idée qu’elle ne peut absolument pas supporter. Pour ne rien arranger, Monsieur Grimbert, le patron de la supérette, semble entretenir un secret bien gardé en lien avec cette mystérieuse jeune femme, ce qui ne fait qu’amplifier les soupçons et l’anxiété de Marie-Odile.

Un soir, alors que Marie-Odile a accepté un rendez-vous avec Guy, celui-ci ne se présente pas. Persuadée qu’il lui a posé un lapin, son profond sentiment d’abandon ressurgit avec une intensité insupportable. À la fermeture de la Grimbertmarket, seules Marie-Odile et Annabelle restent sur place. Cette dernière, une fois encore, bavarde nonchalamment tout en écorchant le nom de Marie-Odile, ce qui ne fait qu’alimenter la frustration de cette dernière.

Maudits soient les prétentieux Maudits soient les prétentieux

Pour Marie-Odile, c’est la goutte d’eau. La tension monte, et une violente altercation éclate entre les deux femmes. La situation dégénère, et dans un accès de fureur incontrôlable, Marie-Odile tue Annabelle…

Lorsque Marie-Odile découvre qu’Annabelle n’était pas là pour lui voler son poste, mais avait été embauchée par tonton Grimbert pour préparer une fête surprise célébrant les 20 ans de sa caissière préférée, il est déjà trop tard : Annabelle a été découpée et rangée en barquettes dans le rayon boucherie de la supérette. Marie-Odile finit par pardonner à Guy son retard et se laisse séduire par lui. Confiante, elle finit par lui avouer qu’elle a tué Annabelle par accident (sans préciser la manière dont elle s’en est débarrassée) et le supplie de ne pas la dénoncer. Les enquêteurs de police sont déjà sur l’affaire, mais Guy, aveuglé par l’amour qu’il lui porte, accepte de garder le secret.` Alors que Guy a récupéré (involontairement, sous la possession d’Elguys) un chèque grâce à une vente abusive sur un handicapé, Gonzales l’invite à une soirée récompensant les meilleurs vendeurs, promettant de l’aider à améliorer son look et sa carrière. Marie-Odile l’accompagne et fait l’horrible connaissance Patoche, le vendeur le plus prétentieux de la boîte. Railleur, celui-ci passe la soirée à humilier Guy devant tout le monde, et surtout devant Marie-Odile.

Plus tard, à la caisse de la Grimbertmarket, Marie-Odile tombe sur Patoche (venu faire quelques courses), qui la traite comme une esclave et se moque à nouveau de Guy. Il va jusqu’à lui ordonner de livrer ses courses chez lui le soir même…

En pleine nuit, alors que Guy s’apprête à ramener Lucien, en coma éthylique, il est appelé en urgence par Marie-Odile, qui se trouve chez Patoche. Ce dernier, ligoté et mal en point dans la salle de bain, finit accidentellement électrocuté par un Guy paniqué. C’est finalement Marie-Odile qui trouvera une solution à leur problème : Lucien, ivre et endormi depuis tout ce temps dans la voiture de Guy, est placé près du corps de Patoche. Marie-Odile est bien décidée à laisser Lucien être accusé du crime.

Quand Guy annonce à Marie-Odile qu’il compte se rendre à la police pour éviter que Lucien ne soit accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis, Marie-Odile tente de le dissuader en inventant qu’elle est enceinte. Malgré cela, Guy s’apprête à avouer à Lucien qu’il n’a pas tué Patoche. Mais Lucien refuse d’entendre la vérité sur ce qui s’est réellement passé dans la salle de bain de Patoche. Pour la première fois de sa vie, grâce à ce crime, il a l’impression de devenir quelqu’un…

Maudits soient les prétentieux

L’inspectrice Gouerec nourrit de forts soupçons à l’égard de Marie-Odile depuis la disparition d’Annabelle. Tout semble pourtant rentrer dans l’ordre : Lucien est en prison, Marie-Odile est heureuse et amoureuse, et Guy a décroché une promotion pour vendre des aspirateurs chinois.

Mais un soir, alors que Marie-Odile s’apprête à quitter la supérette, Grimbert lui confie qu’il est secrètement amoureux d’elle. Il la menace à mi mot : si elle ne satisfait pas ses moindres fantasmes, il la dénoncera pour le meurtre d’Annabelle. Grimbert affirme avoir collecté suffisamment de preuves : un morceau de chair d’Annabelle issu d’une barquette, l’arme du crime, et bien d’autres éléments accablants.

Alors que Marie-Odile demande à Guy de l’aider à éliminer le seul témoin pouvant menacer leur bonheur, Guy refuse de commettre un nouveau meurtre. Furieuse, Marie-Odile le met à la porte. Guy se retrouve alors face à Elguys, qui ne voulant plus rien avoir a faire avec cette psychopathe de Marie-Odile, l’enferme dans les toilettes, où l’eau commence à monter dangereusement. Pour Elguys, Guy n’aurait jamais dû sortir du coma. Après avoir laissé Guy dans cette situation critique, Elguys disparaît. Mais Guy parvient de justesse à échapper à la noyade.

Pendant ce temps, Marie-Odile, armée d’une hache, décide d’éliminer Grimbert. Guy arrive juste à temps à la supérette, mais après une violente altercation, Marie-Odile finit par planter sa hache dans la tête de Grimbert. C’est à ce moment-là que Guy découvre le mensonge de Marie-Odile au sujet de l’enfant qu’elle prétendait attendre.

L’enquête de police mène le commissaire jusqu’à la GrimbertMarket, où il surprend Guy, le cadavre de Grimbert à ses pieds et une hache à la main. Sans plus réfléchir, le policier vide son chargeur sur Guy.

Lors de l’interrogatoire, Marie-Odile ment à l’inspectrice Gouérec, qui tente de la confronter à ses fortes suspicions. Bien qu’elle manque de preuves concrètes, Gouérec a besoin d’aveux pour la faire tomber… mais ces aveux ne viendront jamais

Maudits soient les prétentieux

Deux mois plus tard, alors que la famille de Guy se réunit dans sa chambre d’hôpital pour le débrancher une seconde fois, Guy, une nouvelle fois, sort miraculeusement du coma. Il retrouve sa première personnalité et a totalement oublié Marie-Odile. Cette amnésie plonge Marie-Odile dans un profond désespoir, nourrissant une nouvelle haine grandissante: Pour elle c’est décidé, elle doit maintenant se débarrasser de Guy.

NOTE D'INTENTION

L’idée de ce film part de la lecture d’un recueil de nouvelles de Grégory Merleau, « Maudits soient les prétentieux. » aux éditions Edita.
Les deux premières nouvelles nous content les histoires séparées de Guy et de Marie-Odile, deux histoires de personnages ordinaires qui se terminent dans l’horreur et l’impuissance d’une terrible fatalité. Guy se verra noyé dans les WC d’un bar, et Marie Odile massacrera, découpera et vendra au rayon boucherie les restes de la sublime Annabelle, qu’elle aura par erreur pris pour sa rivale.

Le contraste entre la finesse de son écriture et la violence de ce qui est décrit est pure jubilation. En lisant ces deux nouvelles, leurs points communs puis leur complémentarité m’ont frappé. Ce sont deux individus isolés, frustrés, insatisfaits, inadaptés, perdus, et habiles pour se construire une réalité mentale, s’inventer des histoires, des récits de leur propre existence, qui justifient ses escroqueries pour Guy et donne de la grandeur au travail frustrant et ingrat de Marie-Odile.

Je lui ai proposé de prendre ces deux protagonistes et imaginer la rencontre explosive qu’ils pourraient engendrer.
À l’image de ces couples mythiques du cinéma, Sailor et Lula, Thelma et Louise, Bonnie and Clyde, The Honeymoon killers, ou de la littérature, Bouvard et Pécuchet. Ces œuvres ont toutes en commun la mise en scène de la rencontre de deux personnes qui, s’ils étaient restés isolés, ne seraient probablement jamais passées à l’acte. La complémentarité de leurs failles, de leurs psychologies et le regard qu’ils portent l’un sur l’autre vont les métamorphoser et rendre le drame possible.

Le regard de Guy sur Marie Odile est rare, magnifique, empli d’un amour quasi enfantin, évident à percevoir pour le spectateur, mais névrotiquement insuffisant pour Marie Odile. Son histoire personnelle, l’abandon de son père, la trahison de son seul rendez-vous ont créé chez elle une insécurité affective de tout premier ordre, la poussant à réclamer toujours et encore des preuves de cet amour pourtant évident. C’est une démonstration par l’absurde de ce que peut engendrer une profonde insécurité affective, surtout si en face l’autre alimente le jeu. C’est l’histoire d’une complémentarité psychologique, d’une alchimie, qui au lieu de calmer les failles de chacun par l’amour qui offre une bulle de paix, autorise au contraire la haine des prétentieux à se transformer en crime.

Cette mise en perspective agit comme un effet miroir sur le spectateur, condamné à sonder sa propre insécurité affective et se questionner : jusqu’où suis-je capable d’exiger des preuves d’amour auprès de ceux qui me sont chers ? Quant à Guy, il est capable d’aller très loin pour lui prouver son amour, jusqu’à tuer, mais la mort ne veut décidément pas de lui, pas plus en tant que bourreau qu’en tant que victime. Chaque personnage a une symbolique qui lui est propre. Elguys représente la conscience de l’ancien Guy, celui d’avant son coma de huit ans. Guy était dragueur, lourd, roublard, déterminé à vendre coûte que coûte, peu importe la manière, corrompu au dernier degré par cette société qui nécessite le pire pour permettre à l’individu d’assurer la reproduction de ses conditions matérielles d’existence.

Après son coma, Guy semble débarrassé de ces tares. C’est un Guy tout neuf, dont la mémoire quelque peu défaillante émerge dans ce lit d’hôpital. Elguys est l’ancien Guy. Vicelard et roublard, il fait tout pour lui rappeler qui il était et le pousse à infléchir ses choix nouveaux. Car l’absence de mémoire de Guy fait de lui une sorte de coquille vide, qu’Elguys, mais surtout Marie Odile, vont tenter de remplir avec leur volonté propre.

C’est l’image de l’individu tiraillé dans cette société qui attend de lui qu’il soit autre chose que ce qu’il a envie d’être.

Le traitement sera dynamique, des ellipses permettront de brosser des vies en quelques images et quelques secondes, afin de permettre au spectateur, par la suggestion, de mieux connaître le passé de ces protagonistes et de s’y attacher afin d’anticiper leurs actions, évidemment toujours dans le but de le surprendre.

David Mutzenmacher

Maudits soient les prétentieux

PERSONNAGES

Guy Pinglard - Maudits soient les prétentieux

Guy Pinglard (52)

Ancien VRP roublard et dragueur, Guy incarnait autrefois l’archétype du commercial sans scrupules. Cynique et calculateur, il n’hésitait pas à arnaquer et à écraser les autres pour goûter à la gloire. À l’époque, il aurait volontiers bradé sa propre mère pour faire un petit billet. La morale et l’éthique n’étaient pour lui que des freins à ses ambitions.

Mais Guy n’est plus cet homme. Un grave accident, suivi de huit longues années de coma, a bouleversé son existence. Ce temps suspendu semble avoir opéré en lui une transformation radicale. Depuis son réveil, il est méconnaissable. Finies les ruses et les manipulations : Guy est désormais un homme d’une honnêteté exemplaire. Chaque geste, chaque décision qu’il prend est guidé par un profond amour des autres et une bienveillance authentique.

Cette renaissance intérieure lui a donné une nouvelle vision de la vie : la générosité, la sincérité et le désir de faire le bien autour de lui. Ce cheminement quasi spirituel a fait de Guy un homme en quête non pas de richesse matérielle, mais de liens humains sincères et d’une existence empreinte de sens.

Marie-Odile Plon - Maudits soient les prétentieux

Marie-Odile Plon

Marie-Odile est une femme solitaire qui s’est toujours protégée des tumultes de l’existence et surtout de l’amour. Sa vie quotidienne est rythmée par son travail de caissière au Grimbertmarket, qu’elle accomplit avec sérieux et minutie.

Derrière son attitude bienveillante se cache un profond sentiment d’insécurité, qu’elle s’est toujours efforcée de dissimuler sous une solide carapace. Prisonnière de ses contradictions, elle oscille entre un besoin désespéré d’être aimer et une peur viscérale de montrer ses sentiments. Elle est passée maître dans l’art de camoufler le chaos émotionnel qui la ronge.

Mais le plus dangereux est la dépendance affective qui sommeille en elle, prête à surgir à la moindre faille. Une déception ou une trahison pourrait briser cette carapace et libérer une obsession dévorante. Si elle venait à perdre le contrôle, cette obsession pourrait la conduire aux pires extrémités, peut-être même… jusqu’au meurtre.

AUTEURS

David Mutzenmacher

David Mutzenmacher

Music Hole (82′):

  • Scénariste et réalisateur du film
  • Prod : Paramaxfilms
  • Nominé aux Brussel International Films Festival 2020
  • Nominé au Festival du nouveau cinema
  • Prix du Festival International du Film de Comédie de Liège (FIFCL 2019 Prix de la critique)
  • Prix du Festival International du film Grolandais de Toulouse 2019 (Prix du public)
  • Nominé au Film Festival Oostende 2021 catégorie Best Film
  • Prix du jury 2021 au festival de Mamers en Mars

José (12′) :

  • Co-écrit et co-réalisé avec Gaëtan Liekens
  • Primé au festival du court-métrage de Bruxelles en mai 2014
  • Prix BETV (Canal+ Belgique, et sélectionné au indépendant film festival de New York en octobre 2014… puis Las Vegas, Locarno Vienne… Une dizaine au total.)

A peu de choses près :

  • Co-auteurs : Gaëtan Liekens
  • Réal : David Mutzenmacher et Gaëtan Liekens
  • Prod : Kazak Productions
Gregory Merleau

Grégory Merleau

Grégory Merleau est un scénariste et écrivain français.

Il a participé aux travaux d’écriture des séries « Péplum » et « Scène de ménage » diffusées sur M6.

Auteur de plus d’une centaine de pastilles humoristiques.

Il a publié deux romans intitulés « L’éparpilleur » et « 24 heures pourries de la vie d’un tueur », ainsi qu’un recueil de nouvelles « Maudits soient les prétentieux ».

Filmographie :

  • Scène de ménages
  • Péplum
  • L’île des deux vents

Littérature :

  • Maudits soient les prétentieux
  • 24 heures de la vie d’un tueur
  • Ivazinovitchoff

Théâtre :

  • L’éparpilleur
  • La maison de retraite au Château
  • Court & dégagé